<strong>Loi sur les emballages plastiques au Burkina Faso</strong>

Loi sur les emballages plastiques au Burkina Faso: Des groupes de pression contre sa relecture

La mise en œuvre de la loi 017 de 2014 portant interdiction de production, d’importation, de commercialisation et de distribution des emballages et sachets plastiques a révélé des insuffisances qui limitent son efficacité sur la lutte contre la pollution de l’environnement. Mais la proposition de sa relecture s’est plusieurs fois heurtée au refus du gouvernement.


Par trois fois, le gouvernement a rejeté la proposition de relecture de la loi 017 de 2014 portant interdiction de production, d’importation, de commercialisation et de distribution des emballages et sachets plastiques au Burkina Faso. Des intérêts politiques, économiques et financiers ont pris le dessus sur la préservation de l’environnement, regrette Anselme Somé, ingénieur environnementaliste, chef du service prévention des pollutions et des nuisances au ministère en charge de l’environnement.

En fin 2019, l’Assemblée nationale réclamait la loi pour relecture. Pendant ce temps, le conseil des ministres l’a rejetée au motif qu’il y a la campagne électorale en vue des élections législatives et présidentielles de 2020. Pour le pourvoir exécutif, le vote d’une telle loi risquerait de lui fait perdre des électeurs. La loi a été, une nouvelle fois, rejetée en 2020 puis en fin décembre 2021 à cause de la pression que les lobbies exercent sur les politiciens, déplore le chef du service prévention des pollutions et des nuisances, Anselme Somé.

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Un environnementaliste, en service au ministère en charge de l’environnement, ayant requis l’anonymat confirme cette affirmation.  Dans la pratique, au lieu que « les mentions portent sur chaque sachet plastique noir, les importateurs font des lots de sachets en des paquets sur lesquels ils inscrivent les mentions exigées par l’arrêté susmentionné », ajoute-t-il. La relecture devait permettre de débarrasser la loi des éléments qui empêchent la traçabilité des produits plastiques et de s’assurer qu’ils sont biodégradables. Il s’agit des difficultés voire de l’impossibilité de lire les mentions exigées par l’arrêté numéro 037 du 27 février 2015 portant homologation des sachets plastiques. Notamment les nom et adresse du producteur ou de l’importateur, le pays de production et la mention biodégradable. Mais les intérêts particuliers constituent toujours un blocage à cette relecture, regrettent les défenseurs de l’environnement.

Raphaël N. Aspavati

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