Tuesday, 19 February, 2019
Banner Top
COP 24

COP24: comment financer les pertes et dommages dus au changement
climatique?

En matière de climat, le sujet
des pertes et dommages dus au changement climatique est rarement abordé.
Personne ne semble prêt à envie en porter la responsabilité et, donc, à payer.
Il s’agit pourtant de dommages terribles. Les ouragans qui ont sévi ces
dernières années sur la planète en sont un des nombreux exemples.

A Katowice, le sujet n’est pas abordé de
façon concrète. Savoir « qui paye et pourquoi » est une question qui
fâche, et les pays les plus atteints par le changement climatique –
principalement des pays pauvres – ne peuvent pas être satisfaits.

Pourtant, les conséquences sont
dramatiques. Avec seulement un degré de plus en moyenne, des évènements
météorologiques et climatiques extrêmes se produisent de plus en plus souvent,
avec de graves conséquences. La Dominique, par exemple, ne s’est toujours pas
remise du cyclone Maria en 2017, qui a dévasté les îles des Caraïbes.

Or, si les pays vulnérables ont
réussi à faire créer, en 2013, à Varsovie, un mécanisme international pour les
pertes et dommages dus au changement climatique, puis à faire intégrer dans
l’accord de Paris, en 2015, un chapitre dédié, aucun mécanisme de financement
rapidement accessible n’a été encore mis en place.

Propositions d’ONG

Des ONG font donc cette semaine
une proposition en ce sens, et elles ont produit un rapport, qui propose de
créer une taxe pour les dommages climatiques. « On en a besoin parce
qu’on a déjà vu l’impact du changement climatique
 », nous explique
Saleemul Huq, directeur du Centre international sur les changements climatiques
et le développement au Bangladesh.

« On n’a pas réussi à l’empêcher, et maintenant on voit qu’il y a des pertes et des dommages partout
dans le monde, et en particulier dans les pays pauvres comme le mien, le
Bangladesh. Il est maintenant clair que le rôle de l’humain dans le changement
climatique est fondamental. Nous avons plus d’inondations graves, de cyclones,
il y en avait déjà avant mais pas aussi graves que maintenant. Et les gens
perdent leur mode de vie, quelquefois leur vie, et les infrastructures, et il
faut que quelqu’un paye pour ça. Alors ce qu’on demande maintenant c’est qu
e le principe du pollueur-payeur soit appliqué aux entreprises qui ont causé ces dommages.
Il y en a une petite douzaine dans le monde, elles font des milliards de
dollars de profit de la pollution et des dommages qu’elles nous causent, elles
devraient payer !
 »

Prélèvement auprès des
entreprises

Cette taxe pourrait être prélevée
directement à la source, auprès des pollueurs, c’est-à-dire les entreprises
responsables de l’effet de serre. Exxon, Total et les autres entreprises
pétrolières devraient s’acquitter d’une taxe, directement indexée sur
l’extraction des fossiles. La taxe serait directement versée dans les fonds
verts.

Et pourrait, à termes, rassembler
une coquette somme, selon les calculs de Julie Anne Richards, de l’ONG Stamp Out Poverty, à l’origine de cette
proposition. « Notre nouveau rapport calcule que si l’on commençait à
faire payer une taxe globale pour les dommages climatiques à un faible taux, 5
dollars la tonne de CO2, – ce qui est plus faible que ce que l’Union européenne
fait payer actuellement sur le marché du carbone – ; si l’on commençait à un
faible taux et qu’on augmente tous les ans de 5 dollars jusqu’en 2030, puis
qu’on l’augmente ensuite de 10 dollars par an, on devrait récolter un montant
substantiel. On pourrait lever jusqu’à 300 milliards de dollars par an pour
aider à payer les pertes et dommages, 300 milliards de dollars de financement
pour les pays les plus pauvres qui sont en première ligne du changement
climatique. Donc nous pourrions récolter un montant d’argent significatif en
partant d’un faible taux, mais qui augmenterait régulièrement.
 »

Aider les pays pauvres

Les ONG proposent qu’une partie
de ces montants soit aussi consacrée à aider les pays les plus pauvres à faire
une juste transition écologique, en les aidant à sortir des énergies fossiles,
et à transformer les emplois pour construire une nouvelle économie verte.

Les ONG envisagent de proposer
cette solution aux Nations unies dans le cadre des négociations climat, l’ONU
ayant déjà l’architecture et la gouvernance qui pourraient gérer cette taxe
pour les dommages climatiques.

Banner Content

0 Comments

Leave a Comment

Social

GOOGLE PLUS

Recent Comments

    Categories